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L’Empire Moden-Hen’ (1/2) : - 3 000 à - 2 350

Histoire Flamboyante

L’Enfant d’Espleurance par Ssossodef
L’Enfant d’Espleurance par Ssossodef

De tous les Empires, Moden-Hen’ est resté dans nos souvenirs comme le plus somptueux et le plus magnifique. Merveille soulignée par son destin tragique, il est probable qu’il soit également si populaire dans nos mémoires car il est l’Empire qui a laissé le plus de ruines matérielles que l’on peut encore aujourd’hui admirer.


Fondation : - 3000 à - 2750

"Elle se tenait parmi les humbles qui erraient criant famine,
Elle se leva et révéla aux peuples de tous horizons
Que sur tout homme un rayon d’astre tombe et son âme illumine,
Leurs rêves unis en fleuve les sauveront de leur prison

Dès lors pleuras l’espoir et fois pour embraser le cœur de tous.
Une foule éclairée de joie la suivit par toutes les terres
Jusqu’à la mer née de leurs larmes amères autant que douces
Où ils fondèrent une cité figure de la vie altière,

Et cœur des rites d’harmonie, des fêtes pacifiques
Que l’Enfant d’Espleurance enseigna pour notre émerveillement :
Science de nos cœurs et de la nature aux doux échos lyriques
Mémoire de nos sages qui envoient nos âmes au firmament."

Texte gravé au fronton de la Rotonde des ruines de Luan-Hen’


L’Enfant d’Espleurance et la Marche des Illuminés

Le premier Empire Flamboyant s’érigea sur les cendres de l’effroyable guerre de l’Agonie. Le premier Empire ne fut pas créé ni par l’or ni par le sang. Il fut le fait d’une fillette de neuf ans.

Des esquisses de civilisations humaines qui avaient existées auparavant, brisées par l’ampleur d’une guerre Eternelle, plus rien ne subsistaient. Des petites communautés éparpillées tentaient de survivre tant bien que mal. Le rituel de l’Inspiration venait de faire don d’une Flamme à toute l’humanité, mais, raconte-t-on, c’est en outre une Illumination qu’a reçu l’Enfant d’Espleurance. Sa révélation parlait des Muses, de leur sacrifice et de celui de Diurne, pour libérer les hommes de l’emprise du Masque et pour les rendre capable de l’Art, communion sublime des créatures à leurs créatrices. Ce qu’elle avait compris de cette vision de perfection que les Muses quêtaient, elle l’enseigna comme une quête d’harmonie et de paix à toutes les victimes de cette terrible guerre. Ils écoutèrent l’Enfant et, grâce à elle, éveillèrent leur flamme aux beautés de l’Harmonde. Ils la suivirent alors qu’elle marchait pour trouver, aider, éduquer les autres peuples. Bientôt ce fut une marrée humaine qui l’accompagnait dans ce qui fut appelé la Marche des Illuminés.

La Marche dura 1000 jours, selon la légende, pendant lesquels l’Enfant cherchait l’endroit parfait où bâtir la cité de l’Harmonie : Moden-Hen’. Enfin elle arriva près d’un lac circulaire, dans ce qui est aujourd’hui probablement le désert de Keshe. Au centre de ce lac, il y avait une île parfaitement ronde, et c’est en ce lieu que l’Enfant d’Espleurance décida de fonder la capitale de l’Empire.

La foule qui la suivait se mis aussitôt à l’œuvre. Poussés par un formidable élan commun et aidés par les Arts ils construisirent, en une seule nuit, dit la légende, la plus belle, la plus merveilleuse, la plus inspirée de toutes les villes. Sa spécificité venait de sa capacité à s’intégrer à la nature qui l’entourait. A tel point, dit-on, que les animaux s’égaillaient en pleines avenues, sans même s’apercevoir qu’ils avaient quitté leur foyer.

Lorsque la construction de la ville fut achevée, l’Enfant fit venir à elle ceux qui étaient les plus doués en Inspiration, ses disciples. Elle leur demanda d’aller répéter en d’autres lieux, pour d’autres hommes, ce qu’elle avait accompli avec Moden-Hen’. Afin qu’ils restent en communion elle leur révéla le secret des Rotondes, ces ouvrages colossaux, qui, par une combinaison de Cyse, de Décorum, de Geste et d’Accord, permettait de s’unir en un seul esprit à des périodes de temps spécifiques, aussi éloigné que l’on soit. Ainsi commença le voyage des disciples qui permit grâce à leur message et à leurs Arts, de déployer l’Empire Mode-Hen’.


La cité de Moden-Hen’

"Moden-Hen’ est la plus belle chose qu’il a jamais été donné à mes yeux de contempler. Elle est d’une élégance parfaite, emplie de courbes et de cercles harmonieux, remplie de plantes et de fleurs qui flattent l’œil et enchantent le nez, peuplée d’oiseau aux plumages chatoyants et aux chants délicieux. Les rideaux sont des lianes et des fleurs pendantes, d’énormes nénuphars servent de barques, qui a faim n’a qu’à se servir des fruits fabuleux qui pendent des arbres colonnes parsemant les rues. La nuit, une multitude de luciole permettent aux passants de se promener sans peur des ténèbres. Si ce n’était la main des hommes qui l’avait créée, Moden-Hen’ mériterait de s’appeler Perfection, et d’ailleurs n’est-elle pas une vision envoyée par les Créatrices pour ravir le cœur des hommes ?"

Ce texte d’un voyageur antique est le seul témoignage qui nous permette d’imaginer à quoi ressemblait la capitale de l’Empire Moden-Hen’. Aujourd’hui cette cité est introuvable, malgré de nombreuses quêtes et fouilles entreprises pour la retrouver, elle a probablement été totalement détruite par le Feu des Origines. L’imagination populaire et les théories savantes l’ont placée dans la mer Ecarlate, sous les sables de Keshe, dans les lacs des Terres Veuves, dans les forêts Modéhennes ou sous les fleuves Mercenaires. La seule indication précise de son emplacement se trouve dans cet ancien texte datant des épopées keshites :

"Une lune attentive doit guider ton chemin
Pour franchir les brumes illusoires du soir
Vers l’étoile de Celle-qui-pleure dirige tes pas
Car ses larmes sont le limon de la cité Moden-Hen’
Il faut attendre le premier regard de l’Enfant Radieux
Pour entrer par la porte de l’Age d’Or"

Difficile de déterminer si l’on peut accorder la moindre foi à cet écrit ésotérique. Celle-qui-pleure et l’Enfant Radieux pourraient faire référence à l’Enfant d’Espleurance ou à d’anciens dieux keshites. Le plus probable est que ce texte fasse tout simplement référence à l’une des nombreuses prophéties keshites.


Le Culte de l’Harmonie et la Loi des Noms

Le ciment de ce gigantesque Empire était sa philosophie. Pour les moden-hen l’essentiel était de perpétrer l’Harmonie sacrée voulue par les Muses. Cela signifiait une société aux idéaux pacifistes, proche de la nature et soucieuse du bonheur de ses citoyens. L’Empire devint tout naturellement une théocratie, gouvernée par le Hiérarque, le souverain sacré, dépositaire de la Flamme originelle de l’Enfant d’Espleurance. L’Art était le symbole de la communion ultime avec l’essence de la créativité. En tant que tel, c’était une pratique sacrée, réservée aux seuls Enthousiastes, la caste des dirigeants du culte de l’Harmonie. Ils étaient assistés par les Artechnistes, qui partageaient quelques-uns uns de leurs secrets et s’occupaient des échanges marchands et des dynamiques sociales, avec pour devoir de faire du peuple moden-hen un peuple paisible, rassasiés, heureux. La Caste des Façonneurs rassemblait le reste des créateurs de richesse à caractère non sacré : Paysans, artisans, mineurs... Enfin la Caste la plus basse était constituée des Serviteurs, ceux qui n’était la source d’aucune beauté, d’aucune œuvre créative ne pouvant offrir que savoir et aptitudes.

La répartition des Castes se décidait à la septième année de l’enfant. Dès lors, un Enthousiaste spécialisé dans la Geste, un Stanceur, prédisait son destin, à savoir la pratique dans laquelle il serait le plus accompli. Ce destin lui était révélé par son nom définitif, décidé par le Stanceur. Nul besoin en Moden-Hen’ de chercher vainement sa voie, car celle qui ferait son bonheur était celle de la Caste à laquelle on était destiné.

Une fois leur voie déterminée, les enfants étaient remis à une école spécialisée appelée le Musée. Selon sa caste, on apprenait tout ce qu’il y avait à savoir. Les Musées étaient également des sanctuaires consacrés aux savoirs et aux arts de chaque caste.


Le Pacte Saisonin et les Arbres-Rois

Les Enthousiastes eurent l’occasion de se poser une question théologique quand une délégation de Saisonins demanda à faire partie de Moden-Hen’ vers - 2750. Ces lutins n’avaient pas de Flamme, et ne pouvaient en avoir. Etaient-ils pour autant hors de l’Harmonie des Muses ? Le Hiérarque de l’époque, Floripel IV, appuya l’idée qu’ils faisaient partie de l’Harmonie des Saisons, plus proches que nous de la nature, et n’avaient en conséquence, nul besoin de l’artifice d’une Flamme. L’alliance fut scellée par le mariage du Hiérarque avec une lutine, et donna naissance à un Bâtard. Floripel décida de partager sa Flamme avec son fils, si bien qu’à sa mort, Arboris l’Humitain lui succéda, puisque la Flamme d’Espleurance était restée en lui.

Rapidement, d’autres Saisonins s’intégrèrent dans la société moden-hen. Les Méduses, les Fées Noires, les Géants, les Morganes, les Drakoniens, les Nains et les Satyres y furent bien accueillis. Les autres Décans étaient à peine tolérés.

Ce cosmopolitisme naissant eut un effet sur les Arts de l’Empire. La nature avait toujours été proche des préoccupations de l’Empire, mais elle en fut encore plus mise en valeur. Les cités devaient encore mieux se fondre dans l’environnement, les humains voulant vivre au milieu des animaux. Les Symphonies se firent à l’imitation du chant des oiseaux et des baleines. Les Tableau-Mondes ne représentait plus que des paysages (et c’est d’ailleurs l’Art qui a gardé le plus cette empreinte saisonnière). L’Architecture également, commença une longue évolution vers une spécialisation grandissante selon les Saisons élémentales.

Mais dès - 2750, avec l’aide du peuple lutin, de grands travaux expérimentaux furent initiés. L’idée était de sculpter la nature même pour en faire naître les villes moden-hen. Bientôt cela donna lieu à la pousse planifiée de gigantesques végétaux qu’on appela Arbre-Roi. Les premières communautés s’y implantèrent et devinrent partie intégrante de l’organisme végétal.


Apogée : - 2750 à -2350

"Ecoutez-moi ! Nous ne pouvons pas nous permettre de laisser se briser l’Harmonie. Nous avons le devoir de préserver l’héritage des Inspiratrices. A n’importe quel prix ! Leurs arts seront nos armes. Je sais ce que vous pensez. L’Harmonie n’est-elle pas synonyme de paix ? Mais comment préserver la paix si n’importe qui peut ainsi s’en moquer ? Blâme-t-on le loup pour les daims qu’ils massacrent ? Blâme-t-on le chat qui mange la souris ? Non car il est dans leur nature d’agir ainsi, et de même, si l’on veut que notre Empire soit fidèle à sa nature, à La Nature, il nous faut nous armer, il nous faut combattre et lutter. Si nous faisons la guerre, il faut la faire jusqu’au bout et user de toutes les armes que nous aurons entre nos mains. Et ainsi détruire nos ennemis jusqu’à ce que la Dissonance soit anéantie et l’Harmonie sauve."

Discours de l’Artechniste Stoek Sircon à la Hierarque Shedba II, tel que rapporté par le Serviteur Lusc dans ses Chroniques du pouvoir sacré


Les œuvres moden-hens

Ces quatre siècles furent ceux durant lesquels les créations moden-hen atteignirent leur apogée. Les motifs et les styles de l’Empire, complètement formés, furent explorés et dérivés dans une multitude d’œuvres artistiques et magiques de toute splendeur dont il nous reste aujourd’hui de trop rares Vestiges et Reliques.

Les monuments architecturaux sont sans doute ceux que l’on rencontre le plus. Les Rotondes sont ces étranges édifices que l’on retrouve presque systématiquement dans les ruines moden-hen. Ces vastes coupoles de pierre vitrifiée, d’une forme circulaire parfaite, semblent avoir eu une profonde signification symbolique et sociale. De l’intérieur, on s’aperçoit que le monument est une sphère entière, car le sol constitue un cirque parsemé de bancs en ruines. Le dôme quant à lui semble avoir des capacités réflectives importantes, et certains pensent qu’il servait à des jeux de lumières et d’illusions. Ce qui est certain c’est qu’à date fixe, toute la population d’une cité se réunissait dans la Rotonde pour un rituel conduit par les meilleurs Enthousiastes. Nul doute que celui-ci comprenait de nombreuses utilisations des Arts Magiques. Il semble que ces rituels aient joué un rôle central dans la permanence et l’union du gigantesque Empire Modéhen.

Architecture modéhenne par Liyu
Architecture modéhenne par Liyu

L’architecture profane était marquée par le motif des saisons et des éléments dont les Arbre-Rois ne sont qu’une partie, même s’il s’agit de la plus marquante. Ainsi a-t-on rapporté l’existence de cités souterraines, creusées aux flancs des montagnes draconiennes, de villes englouties merveilles de corail et de nacre, des mégapoles aériennes, juchée sur des navires flottant au gré du vent et de nombreuses autres architectures aussi surprenantes qu’exotiques. Quelque soit leur aspect, un point commun les unissait :, la présence de la vie, de la nature animale, végétale ou minérale, sublimée et mêlée aux créations artificielles des hommes, eux mêmes nommant ce style architectural celui des Vivevilles.

Chaque œuvre artistique semblait également faire partie intégrante de la communauté citadine. Ainsi la musique la plus appréciée prenait la forme de vastes processions symphoniques, où des orchestres d’instrumentistes, chorales, danseurs et auditeurs marchaient pendant des heures autour de la cité. Les instruments à vent et les instruments à percussion y avaient la part belle, et les chroniques semblent parler d’un instrument aujourd’hui disparu qui se jouait sur des trompes parmi d’autres instruments à anches.

De même les créations plastiques s’admiraient à tout vent, sur les murs et dans les rues : Vastes fresques figuratives représentant des scènes du passé du Zénith, de l’Agonie, des guerres des Décans et autres chroniques mythologiques ; Mosaïques de pierres semi-précieuses et cristaux, étincelantes au soleil, dont les rosaces et autres schémas géométriques circulaires sculptaient la lumière.

La poésie qu’il nous reste, souvent gravée sur les pierres des ruines moden-hen, semble se décliner en deux genres : Pastorales très longues contant les beautés de l’Harmonde créée par les Muses et Elégies douces-amères, brèves et personnelles, empreintes de spiritualité et de philosophie.


La révolte des Arlequins et la naissance des Acrobates-Assassins

La première crise sérieuse que rencontra l’Empire Moden-Hen’ arriva en - 2632. Notre connaissance de cet évènement provient principalement des Chroniques du pouvoir sacré, ouvrage encore conservé intact dans la Bibliothèque de la Marche Modéhenne, rédigé par un Serviteur du palais du Hiérarque probablement Terne, Lusc. L’évènement fut causé par Alcème Yade, un Enthousiaste brillant mais hétérodoxe, qu’on avait exilé dans les provinces périphériques de l’Empire en punission de ses opinions dissidentes. Loin de le décourager, cet exil lui donna l’occasion de développer son hérésie au contact de la culture populaire de ces régions moins favorisées de l’Empire. L’Art était réservé aux Enthousiastes, et dans une moindre mesure aux Artechnistes, néanmoins les Façonneurs et les Serviteurs des Marches Reculées, avaient commencé à développer leur propre folklore, spectacles clandestins basés sur le mime et l’acrobatie. Témoins de ces activités officieuses, Alcème théorisa une philosophie de la Dissonance en opposition directe avec le culte officiel de l’Harmonie. Selon sa théorie, que Lusc discute avec un intérêt certain, le classicisme obligé de l’esthétique moden-hen voulu par l’Harmonie était en train de mener leurs Arts à la stagnation. Pour le revitaliser, il fallait des œuvres provocatrices, originales, dérangeantes. La laideur apparente de tels ouvrages menait en réalité à une sublimation esthétique. Alcème réussit à convaincre un certain nombre de disciples qui prirent le nom d’Arlequins et passèrent à l’action. Au départ, il s’agit principalement de blagues de plus ou moins mauvais goût, canulars élaboréss qui ruinaient et ridiculisait les figures importantes de l’Empire ainsi que leurs réalisations. Les autorités moden-hen firent tous ce qu’elles pouvaient pour minimiser leurs activités, censurant les nouvelles, et sécurisant les évènements publiques. Mais les Arlequins s’insurgèrent contre cette censure. Leur mouvement prit de l’ampleur et leurs actions critiquèrent l’ordre établi avec de plus en plus de véhémence. Bientôt la Hiérarchie n’eut plus qu’un choix : faire disparaître ces activistes, ou accepter de changer ses traditions sacrées.

Cela prit du temps car Moden-Hen’ avait toujours été un Empire pacifique, porté à la concertation et non à la violence. Mais, après un discourt véhément d’un Artechniste conseiller de la Hiérarque Shedba II, celle ci accepta la création d’un corps voué à la préservation active des idéaux de l’Harmonie. Ils prirent exemple sur la culture lutine et ses Guerriers Acrobates et instaurèrent l’ordre des Acrobates-Assassins, les formèrent à des techniques de guérillas adaptées aux conditions de lutte contre les Arlequins, et les armèrent dans le style Moden-Hen’ : artefacts naturels, végétaux et animaux mortels. En l’espace de quelques mois la révolte des Arlequins fut éradiquée dans le sang, disparaissant sans laisser de traces. Les Acrobates-Assassins furent normalisés avec la création d’un Musée secret voué à leur formation au cœur d’une forêt impénétrable. Moden-Hen’ venait de créer sa police politique.


La guerre des Arts

Si ce tournant politique causa une certaine mauvaise popularité de la Hiérarchie dans les castes les plus basses, il fut néanmoins très utile à Moden-Hen’ car un Empire rival commençait à se créer au nord de ses frontières. Pour les moden-hen, les peuplades nordiques n’étaient que des barbares, à peine digne de l’Inspiration. Néanmoins une de ces tribus barbares avait commencé à prendre de l’importance de sur les autres, les conquérant et les réduisant en esclavage les unes après les autres. Plus grave, elle avait développé son propre usage des Arts Magiques.

Si les débuts de cette guerre a laissée moins de témoignages fiables que la Révolte des Arlequins, elle aura laissé une empreinte plus prenante dans la mémoire et les paysages de l’Harmonde. Des envoyés des deux Empires se rencontrèrent à la frontière, sur la plus haute montagne des monts drakoniens. Ils discutèrent durant des heures et des heures afin de se mettre d’accord. Mais du côté Moden-hen on insistait sur l’importance de l’Harmonie et le sacré des Arts Magiques, tandis que du côté Septentrien on réclamait le droit à sa tradition et une totale liberté d’usage. Ce dialogue de sourd termina dans le sang quand la Hiérarque Shedba II fut assassinée avec toute sa suite. Son cri imprégna les cavernes de la montagne si profondément qu’il y retentit encore.

Pour la venger, Moden-Hen’ envoya des Accordés dépeupler toute une province du Septentrion par les Arts, celle ci ne fut redécouverte que bien plus tard sous le nom d’Enclave boucanière. Ce méfait fut si marquant pour l’Harmonie que les instruments utilisés en devinrent maudits. Les Septentriens répondirent par l’envoi de Pigment-Artifice du Décorum qui desséchèrent et détruisirent une forêt entière d’Arbres-Rois dont les restes sont désormais connus sous le nom de Mer des Cendres. Après ce ravage l’ampleur des armes utilisée fut diminuée, mais nombreux furent les légions mortes en batailles aériennes et escarmouches montagnardes. La guerre ne se termina que lorsque le nouvel Hiérarque atteint l’âge de signer par lui-même un traité de paix et de renvoyer tous les conseillers qui avaient entretenu ce conflit.

Les rancunes furent peu à peu oubliées et par la suite les deux Empires entretinrent d’excellentes relations commerciales si ce n’est diplomatiques.


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